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Mauritanie: naissance programmée de la Haute Cour de justice en pleine procédure contre l’ex président Aziz

Afriquinfos – La Mauritanie s’apprête-t-elle à se doter d’une Haute cour de justice ? Alors même que l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz est accusé de corruption, le Parlement du pays a approuvé ce 27 juillet en séance plénière le projet de loi portant sur la réhabilitation de la Haute cour de justice. Elle sera la seule habilitée à juger les présidents de la République, anciens ou en exercice, pour haute trahison.

Le texte qui a reçu l’approbation des 55 députés doit toutefois être envoyé au Conseil constitutionnel pour examen et validation. Le Conseil constitutionnel dispose d’un délai de 8 à 30 jours pour valider la loi consacrant la réhabilitation de la Haute Cour de justice.

Après le Conseil constitutionnel, le texte novateur devrait être promulgué par le président de la République. A ce stade du processus, la loi prévoit un délai de huit à trente jours. Selon une confidence parlementaire, la Haute Cour ne sera pas mise en place avant deux à trois mois.

Mais Sow Oumar, député de l’actuelle majorité majoritaire, estime que l’essentiel a été fait avec l’approbation du Parlement. «La Cour devrait être mise en place pour juger de la haute trahison et de la gestion des ministres du Gouvernement (atteinte à la sûreté de l’Etat). Cela est une avancée démocratique très importante».

Dans les rangs de l’opposition, Coumba Dado Kane n’attend rien de la Haute cour de Justice, et n’y voit aucune utilité. «Cette loi va être comme toutes les autres lois. Les gens votent des lois et ne les appliquent pas. La Cour était là et la Cour n’a pas siégé. Il y a des gens qui ont pillé ce pays, ils sont là ! Et tous les Mauritaniens les connaissent, donc on n’a qu’à les amener et les juger»!

L’ex président Mohamed Ould Abdel Aziz accusé de corruption

L’adoption du projet de loi sur la Haute Cour intervient au moment où l’ex-dirigeant mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est accusé de corruption.

Il avait été convoqué le 8 juillet devant une commission d’enquête parlementaire à Nouakchott pour répondre de sa gestion des biens publics durant les onze ans de sa présidence. Ould Abdel Aziz a refusé de recevoir l’huissier porteur de la lettre de convocation qui s’est rendu à son domicile.

La commission d’enquête parlementaire instituée en janvier 2020 veut faire la lumière sur la gestion des biens publics durant l’exercice de l’ex-président de 2008 à 2019. Au cœur de cette affaire sensible figure notamment la gestion des revenus pétroliers et des grandes entreprises publiques.

« Notre action doit aboutir. Nous n’acceptons aucune entrave. Nous agissons pour l’intérêt général. La lumière doit être faite sur le gestion de tous les dossiers », avait averti le député Mohamed Lemine Sidi Maouloud sur cette présomption de corruption.

Mohamed Ould Abdel Aziz a toujours affirmé tout au long de sa présidence « qu’il est le président des pauvres ».

V. A.

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