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G5 Sahel/France : Un nouveau sommet pour renforcer la coopération et réaliser l’intégration régionale

Par l’Agence mauritanienne d’information

Nouakchott abritera, mardi 30 juin, la conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement du G5-Sahel et de la France, sous la coprésidence de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, président en exercice du G5 Sahel et du Président français Son Excellence Monsieur Emmanuel Macron, en présence de leurs Excellences les présidents tchadien Idriss Déby Itno, nigérien Issoufou Mahamadou, malien Ibrahim Boubacar Keita et burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, et aux côtés du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, du président de la Commission de l’Union Africaine Moussa Faki Mahamat et de la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, Louise Mushikiwabo. Au cours de cette rencontre interviendront également par visioconférence, le président du Conseil de l’Union européenne, M. Charles Michel, la Chancelière allemande, Mme Angela Merkel, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte et le Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres.

Cette rencontre intervient après l’accord sur sa tenue lors du sommet de Pau en France en janvier dernier ; le sommet de Pau avait en effet décidé la tenue d’une rencontre entre les dirigeants du G5 Sahel et la France pour le suivi des décisions prises à l’époque.

Malgré la situation internationale imposée par la pandémie de Covid-19, le confinement imposé dans plusieurs pays et la fermeture des frontières, les dirigeants ont tenu au respect du calendrier établi.

Cette rencontre traduit la volonté et la détermination des dirigeants de poursuivre la guerre contre le sous-développement et le terrorisme qui perdurent dans la région.

La rencontre traduit également les efforts entrepris pour le développement durable et l’instauration d’un climat de sécurité et de stabilité permettant de garantir un avenir meilleur pour les

générations du Sahel et d’ouvrir des perspectives radieuses pour les populations, de façon générale et pour la jeunesse, de façon particulière.

L’organisation de ce sommet dans ces circonstances particulières est en soi une forte preuve de la résistance face à cette crise sans précédent engendrée par la pandémie, comme elle est l’expression franche de la poursuite de la lutte contre le terrorisme avec détermination et de façon coordonnée. Le sommet représente une nouvelle étape dans le suivi des engagements communs pris à Pau et s’inscrit dans un contexte international caractérisé par des événements majeurs, en particulier la multiplicité des attaques terroristes dans la région du Sahel et la détérioration de la situation sécuritaire en Libye, avec de réels risques pour la stabilité dans la région du Sahel et la sous-région entière.

Un contexte que la pandémie de Coronavirus est venue compliquer davantage en impactant gravement la situation économique et sociale.

Il est prévu que les dirigeants et les leaders se penchent sur la situation sécuritaire, le sort de la Force Barkhane et sur ce qui a été réalisé en matière de mobilisation de moyens humains et militaires pour lutter contre les groupes terroristes actifs dans quatre des cinq pays du Sahel depuis 2015.

Le sommet vise à court terme à poursuivre le renforcement du processus annoncé à Pau en janvier 2020, à évaluer l’action militaire contre les groupes djihadistes armés dans cette région où plus de cinq mille soldats français sont déployés et à examiner l’appui que la Force Barkhane apporte à la force conjointe du G5 Sahel, ainsi qu’à stopper la menace terroriste au niveau de la zone des trois frontières et dans la sous-région.

C’est en février 2014, lorsque la Mauritanie, le Tchad, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé, à l’issue d’un sommet à

Nouakchott, la mise en place de ce qui est devenu le Groupe des cinq pays du Sahel (G5 Sahel) pour coordonner et poursuivre la coopération régionale, notamment dans la lutte contre le terrorisme dans la région où des groupes armés actifs ont pris un nouvel élan à la faveur de la guerre qui fait rage en Libye et à la prolifération des armes.

Partant de la dualité sécurité et développement, les cinq pays ont travaillé à la révision de leurs systèmes de sécurité et ont opéré les changements nécessaires dans le cadre des priorités visant à assurer la sécurité et la paix dans ces pays, étant entendu que le développement passe nécessairement par la sécurité.

Dans ce contexte, il a été décidé d’élaborer un programme avec des priorités d’investissement et des projets structurants privilégiant la sécurité et les infrastructures de base essentielles (transports, énergie, communications et eau), l’actualisation des données démographiques, la sécurité alimentaire et l’économie pastorale.

Le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, avait souligné dans son discours lors du sommet de Pau entre les pays du G5 Sahel et la France, que « les défis auxquels la région est confrontée nécessitent, en premier lieu, compte tenu de leur dimension transfrontalière, une forte solidarité entre nos pays et un renforcement immédiat de nos politiques de sécurité et de coordination».

Il a également estimé que la guerre contre le terrorisme et le crime organisé exige une vigilance constante et une action commune de longue haleine, ajoutant que la création de plus d’opportunités d’emplois pour les jeunes, le renforcement des efforts de développement et la promotion de la bonne gouvernance restent, sans aucun doute, la protection la plus importante contre la tentation de l’extrémisme.

Le G5 Sahel, catalysé par les aspirations des peuples, œuvre à l’amélioration des conditions de vie pour parvenir à la stabilité et au développement, en comptant notamment sur la dynamisation de la coopération avec les partenaires internationaux.

Le trafic de drogue et des êtres humains constitue l’un des défis sécuritaires posés, bien que les activités des groupuscules armés et le crime organisé transfrontalier constituent ensemble les plus grands défis auxquels est confrontée toute la région du Sahel.

Malgré le succès de certains pays, comme la Mauritanie, dans la lutte contre le terrorisme, ce dernier demeure le défi le plus grave qui menace la région du Sahel, et c’est un risque qui devrait s’intensifier, surtout que les organisations armées chercheront de nouveaux sanctuaires après les revers subis dans d’autres pays.

En revanche, le G5 Sahel compte sur la coordination entre ses appareils sécuritaires pour faire face à ces défis et éviter ainsi le risque de chaos qui menace certains de ses pays. Dans ce cadre, les chefs des armées et des appareils sécuritaires au niveau du G5 Sahel ont décidé de dynamiser les mécanismes de la coopération entre les Etats membres et leurs partenaires dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé et l’adaptation de l’action du Groupe avec les exigences de l’étape et les développements de la situation sur le terrain.

Aussi le G5 Sahel a-t-il décidé de la constitution d’une force composée de 10.000 soldats pour sécuriser les frontières et faire face au terrorisme, notamment entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cette force est concernée également par la lutte contre le trafic de la drogue et la traite des êtres humains.

En plus de la coopération militaire, la réalisation de la sécurité alimentaire, le développement économique et la création d’opportunités d’emplois en particulier pour les jeunes, sont les priorités les plus importantes du G5 Sahel.

L’Alliance Sahel, qui a vu le jour le 13 juillet 2017 à Paris en présence du président de la République française, de la Chancelière allemande et de la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Federica Mogherini, est composée des principaux partenaires bilatéraux et multilatéraux des pays de la zone du Sahel.

L’Alliance vise à canaliser l’aide et à accélérer le rythme de sa répartition pour englober toutes les zones vulnérables. Le nombre des membres de l’Alliance Sahel s’est depuis, élargi, passant aujourd’hui à 12 : France, Allemagne, Union européenne, Banque africaine de développement, Programme des Nations Unies pour le développement, Banque mondiale, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Pays-Bas et Luxembourg. Les États-Unis d’Amérique, la Norvège et la Finlande disposent du statut d’observateurs.

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