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Gouvernance politique : Le faux-fuyant d’IBK contraint de se débarrasser de son Premier ministre

A partir de la motion de censure que s’apprêtent à déposer les députés pour renverser, le cas échéant, le gouvernement Soumeylou Boubèye Maïga, IBK, ne parvenant pas à maitriser ses troupes politiques, va certainement signer une nouvelle phase de sa gouvernance. Celle-ci sera marquée de quiproquos politiques non négligeables.

Maliweb.net- IBK peut-il ou veut-il sauver son Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, majoritairement vomi par les Maliens ? L’on peut en douter. Même si Boubèye a été une véritable bouée de sauvetage pour le locataire du palais de Koulouba en quête de son second mandat en 2018, la pression populaire et celle des  forces vives vont finir par emporter le chef du gouvernement. Et IBK, acculé et risquant d’y jouer sa survie politique au palais présidentiel des hauteurs de Bamako, peine à congédier Boubèye. Au risque de faire d’ingratitude politique à l’endroit de l’ancien patron des services de renseignements maliens.

Dès lors, presque en faux fuyant, le chef de l’Etat semble avoir accepté la pédale douce de ses amis politiques afin de se débarrasser du fusible primatorial. C’est pourquoi IBK est consentant à l’idée d’un vote de défiance parlementaire pour éjecter son 5 ème Premier ministre. Tout en faisant croire à une option de dissolution le cas échéant de l’Assemblée Nationale. Ce qui est une pure vue de l’esprit, le chef de l’Etat étant conscient des difficultés du pays à organiser de nouvelles élections législatives, que son parti pourrait gagner et dans un délai étriqué.

Il n’est donc pas surprenant d’assister au fait que c’est le parti présidentiel, le Rassemblement pour le Mali (RPM) qui soit l’initiateur privilégié d’une motion de censure contre « son » gouvernement. Le président IBK disait récemment, en effet, à ses amis politiques que le gouvernement Soumeylou Boubèye Maïga est le leur et qu’ils devraient tous se retrouver dans cette équipe. Et, quelques mois justement après ces propos, voilà que c’est les plus fidèles lieutenants du chef de l’Etat qui accentuent la pression pour évincer le locataire de la primature.C’est ainsi que le président du parti du tisserand, Dr BokaryTréta, les députés Mamadou Diarrassouba, Moussa Diarra, Mohamed Tounkara, Karim Kéita se sont résolument joints à la manœuvre pour déposer le chef du gouvernement auquel IBK ne cesse de réaffirmer sa confiance, ces dernières semaines. Il menacerait même, selon des indiscrétions, de dissoudre l’Assemblée Nationale. Cette menace est-elle sérieuse ? Ou c’est de la poudre aux yeux des élus décidés à prendre leur responsabilité ?

Dans une longue lettre ouverte rendue publique le samedi dernier, le député Moussa Diarra de la commune IV n’y est pas allé de main morte. « N’est-il pas temps pour vous, Monsieur le Premier ministre, de rendre à la République et au président de la République un service de qualité ? Celui de vous retirer humblement pour permettre que les forces vives de la nation viennent à l’unisson au chevet de patrie commune », écrit-il. Avant d’ajouter plus loin, « le pays attend de vous plutôt un acte patriotique : rendre avec élégance le tablier parce que le peuple ne vous aime pas. Nous ne sommes plus au temps des demi-dieux lâchés dans l’arène ».

Et cette lettre ouverte intervient après les prises de positions publiques de Mamadou Diarrassouba, Mohamed Tounkara et de Dr BokaryTréta pour évincer Boubèye. Comme pour dire qu’ils veulent aider IBK à se débarrasser du patron de la Cité administrative. Les prochains jours promettent en …soubresauts politiques sur les bords du Djoliba.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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