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Nouvelle-Zélande : attentat anti-musulmans dans deux mosquées, au moins 49 morts

Deux attaques à l’intérieur de mosquées de Christchurch, bondées en ce vendredi de prière, ont fait des dizaines de victimes. Quatre suspects ont été arrêtés, dont le tireur qui s’est filmé.

Des fusillades coordonnées contre deux mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch, durant la prière du vendredi, ont fait de nombreux morts. La première attaque s’est produite à l’heure du déjeuner, sur Linwood avenue, la seconde intervenant à 13h40, heure locale (1h40 du matin, heure de Paris), dans une autre mosquée de Deans avenue, dans la deuxième ville du pays. On ignore pour l’instant la chronologie précise des faits, ni si le tireur arrêté a agi dans les deux mosquées ou seulement dans la première.

Alors que les médias locaux annonçaient au moins vingt-sept personnes tuées, la Première ministre Jacinda Arden a donné une conférence de presse à 19h30 (7h30 à Paris), déplorant 49 victimes. 25 personnes sont hospitalisées dans un état grave.

Un grand périmètre a été bouclé dans la ville par les forces de l’ordre. En ce jour de prière pour les musulmans, la police demande aux fidèles d’éviter les mosquées. « La police répond au maximum de sa capacité pour affronter la situation, mais les risques restent extrêmement élevés », a-t-elle dit dans un communiqué. Toutes les écoles ont aussi été confinées jusqu’à 17h50 (heure locale, soit 5h50 en France). La municipalité avait ouvert un numéro de téléphone d’urgence pour les parents inquiets du sort de leurs enfants, qui participaient à la marche mondiale pour le climat non loin de là.

Au moment de la fusillade, la mosquée Masjid al Noor, sur l’avenue Deans, était remplie de fidèles, parmi lesquels les membres de l’équipe nationale de cricket du Bangladesh. Ceux-ci sont ressortis indemnes. Mais trente personnes y ont été tuées.

« J’avais des corps partout sur moi »

Un témoin a raconté au site Internet d’information Stuff.co.nz qu’il était en train d’y prier quand il a entendu des tirs. En prenant la fuite, il a vu sa femme morte devant l’édifice religieux. Un autre homme a dit avoir vu des enfants se faire abattre. « J’avais des corps partout sur moi ».

La police de Nouvelle-Zélande a annoncé l’arrestation de quatre personnes. « Quatre personnes sont en garde à vue, trois hommes et une femme », a confirmé le commissaire Mike Bush, précisant que l’armée avait désamorcé deux engins explosifs retrouvés sur les véhicules des suspects avaient été sécurisés. L’une de ces arrestations a été filmée par un automobiliste. On voit des policiers atteindre une voiture blanche, garée en équilibre instable le long du trottoir après avoir été heurtée par la voiture de police.

Le tireur a filmé son attaque et l’a diffusée en direct sur Facebook et Instagram. Dans cette vidéo de 16 minutes, désormais bloquée par les réseaux sociaux, Brenton Tarrant affirme venir d’Australie, avoir 28 ans et être blanc. Un « terroriste extrémiste de droite et violent », a accusé le Premier ministre australien Scott Morrison. Selon le média australien 9News, Tarrant vivrait en Nouvelle-Zélande, mais lui se dit habitant Sydney sur son compte Facebook. Au moment où l’homme quitte sa voiture pour se diriger vers la mosquée de Deans avenue, il dit « Que la fête commence » (« Let’s get this party started »). Il tire dès la porte d’entrée, avec une arme automatique, des dizaines de balles, ne s’arrêtant que pour remplacer son chargeur vide par un magasin plein. On le voit aussi revenir sur ses pas pour abattre les blessés.

Il a aussi publié un lien vers un « manifeste » de 80 pages une heure avant de passer à l’acte. Dans ce texte intitulé « Le grand remplacement », qui prend la forme d’une interview, le tireur dit avoir reçu la « bénédiction » d’Anders Breivik, terroriste norvégien d’extrême-droite qui a fait 77 morts et 151 blessés dans une tuerie de masse en juillet 2011 à Utoya. Il écrit aussi vouloir « venger les centaines de milliers de morts causées par les invasions étrangères en Europe tout au long de l’histoire » et les « milliers de victimes des attentats ». Il évoque de nombreuses fois la France, où il se trouvait en avril et mai 2017 : l’élection présidentielle française aurait déclenché son envie de passer à l’action. Il qualifie le second tour Macron-Le Pen de « duel ridicule » entre « un ex-banquier mondialiste, capitaliste », « anti-blanc » et « une chiffe molle incapable ». Il dit avoir fondu en larmes en visitant un cimetière militaire dans le nord-est de la France.

le parisien

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