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L’Algérie va-t-elle desserrer la ceinture ?

Les cours de l’or noir lorgnent désormais la barre des 70 dollars, ce qui devrait permettre au pays de lever le gel des projets de développement.

La candidature du chef de l’Etat à l’élection présidentielle d’avril 2019 s’annonce sous de bons présages. Les prix du pétrole ont terminé la semaine qui s’est achevée vendredi à leur plus haut niveau depuis trois mois. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du pétrole algérien, a clôturé la séance à 66,25 dollars, enregistrant un gain de 1,68 dollar par rapport à la veille et une hausse de 6,7% sur la semaine. Les cours de l’or noir lorgnent désormais la barre des 70 dollars, ce qui devrait permettre au pays de lever le gel des projets de développement en stand-by. Une embellie qui est intervenue au lendemain des déclarations du grand argentier du pays qui avait conditionné la levée du gel des projets de développements programmés à travers le territoire national par l’amélioration de la situation financière du pays. «La situation financière actuelle du pays ne permet pas de généraliser le dégel des projets à tous les secteurs, mais nous oeuvrerons, néanmoins, à améliorer les recettes des fiscalités ordinaire et pétrolière, afin de poursuivre l’opération du dégel» avait indiqué le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, lors d’une séance plénière du Conseil de la nation, consacrée aux questions orales. Le baril a-t-il fait écho à ses propos? Le bond qu’il vient de réaliser est, en tout cas, porteur d’espoir pour l’économie nationale qui devrait en principe desserrer l’étau si l’amélioration des prix du pétrole ne venait pas à être enrayée. Il fut même question de moins solliciter le financement conventionnel à un certain moment.
Le Trésor public a envisagé de renoncer au recours au financement non conventionnel à partir du mois de janvier de 2019 ou d’y recourir modérément par rapport à 2018. «Vu les nouvelles données économiques et l’amélioration de plusieurs indicateurs économiques, à savoir la hausse des recettes fiscales pétrolières, des cours du pétrole et des recettes fiscales ordinaires, il est possible de renoncer au recours au financement non conventionnel à partir de janvier 2019 ou d’y recourir dans une moindre mesure par rapport à 2018», avait annoncé le 29 octobre le directeur général du Trésor, Fayçal Tadinit devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2019. Il est vrai qu’au début du mois d’octobre, le baril de Brent avait dépassé les 85 dollars avant de sombrer et végéter un moment sous les 60 dollars avant de redresser à nouveau la barre sous l’impulsion de l’Opep qui a réduit considérablement sa production. L’Arabie saoudite chef de file de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole ayant réduit drastiquement la sienne et décidé de faire rebondir le baril autour des 80 dollars, voire plus. Des indicateurs qui donnent une marge de manoeuvre réelle aux cours de l’or noir pour qu’ils continuent d’évoluer à la hausse. Les statistiques font état d’un effort considérable pour que soit respecté l’accord de la baisse de production de 1,2 million de barils/jour, de l’alliance Opep-non Opep, conclu le 8 décembre 2018. Tous les feux sont au vert pour que l’or noir sorte de la zone rouge. L’Algérie pourra envisager de desserrer la ceinture…

Mohamed TOUATI

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