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Sénégal : au souvenir tragique du naufrage du Joola, 16 ans après…

Dans la nuit du 26 septembre 2002, le ferry Le Joola s’est effondré au large des côtes gambiennes aux environs de 23 heures, emportant près de 2000 passagers dont familles, proches et citoyens lambda continuent de pleurer à leur manière et s’indignent parallèlement de cette « négligence » qui a causé ce naufrage considéré comme la plus grande catastrophe maritime de l’histoire.« Maman, c’est moi. J’ai bien vu l’heure qu’il fait… ça ne va pas du tout, on est en proie à un orage et le navire est en train de couler… à l’heure où je te parle, j’ai l’eau jusqu’à la cheville… si jamais je ne m’en sors pas, j’aimerais que tu saches que je t’aime très fort… mais non, il n’y a aucune chance, c’est la débandade totale. Dis à papa, à Nabou et à Aliou que je les aime fort… », dit au bout du fil avec une voix tremblante la jeune fille Bijou, un personnage du roman « Un amour au fond de l’océan » (Harmattan, 2013) du journaliste du quotidien national Le Soleil, Samba Oumar Fall.

Résolue face à la mort, cette passagère a été cependant la plus chanceuse parmi les 1863 victimes (décompte officiel) du Joola, car elle a réussi à joindre sa famille avant le naufrage.  Après cette conversation qui sonne comme un signe d’adieu : « plus rien », écrit le romancier du présent.

« Comme tous les Sénégalais, j’ai été consterné par cette tragédie sans précédent. J’ai essayé de m’imaginer  le calvaire, la détresse de tous ces gens qui avaient perdu quelqu’un dans ce naufrage. Mais c’était inimaginable », a expliqué Samba Oumar Fall pour qui ce livre a été une occasion de « plonger le lecteur dans le bain de cette tragédie qui a bouleversé tout le Sénégal, l’Afrique et le monde entier ».

Le Joola, en service depuis 1990 avec une capacité d’accueil de 580 places dont 44 membres d’équipage, déclinait au grand jour à cause de la surcharge… et surtout de la défaillance technique de l’appareil.

Le rapport d’enquête officiel relève que « le Ministère chargé de la Marine marchande s’est toujours plaint de l’insécurité récurrente régnant à bord du navire et l’a fait savoir (sous trois Ministres différents) au Ministère des Forces Armées ».

A côté de l’insécurité à bord, ce ministère avait tiré aussi la sonnette d’alarme à propos de la « surcharge », même si aucune mesure n’avait été prise pour parer à cela.

« En 2001, le ministre de l’Equipement et des Transports a multiplié cette alerte voire ce +cri du cœur+ par des courriers répétitifs allant jusqu’à saisir le Premier Ministre du sujet et proposer le +retour à une gestion civile+ comme alternative », ajoute le rapport d’enquête présidé par l’ancien médiateur de la République, Seydou Madani Sy.

Seules une soixantaine de personnes ont survécu à ce naufrage, d’après des sources concordantes.

 

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