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Ecole Supérieure Polytechnique de Nouakchott (ESP) : Un tremplin vers l’X de France

JA-Le Colonel Ingénieur, Mohamed Ould Mohamed Mahmoud n’est pas peu fier: sept élèves de l’école supérieure polytechnique (ESP) de Nouakchott qu’il dirige viennent d’être déclarés admissibles au concours d’entrée à Polytechnique (surnommée l’X), en France-un contingent supérieur à ceux du Maroc et de la Tunisie. C’est une consécration pour la politique élitiste voulue par le Chef de l’Etat afin de contrebalancer la médiocrité  du système éducatif mauritanien, qui obligeait les meilleurs à se former à l’étranger pour devenir ingénieurs.

Créée par décret en 2011, l’ESP est placée sous la double tutelle de l’armée et du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, mais c’est le budget de l’armée qui l’a financée. Son objectif est de former les ingénieurs, les praticiens, les académiciens et les managers dont maque la Mauritanie. Pour cela, elle a reçu pour mission d’assurer une formation initiale débouchant sur le diplôme d’ingénieur d’Etat, sur le doctorat et sur des formations continues.

En 2013, trois départements y ont été créés : Génie mécanique, électrique et informatique. En 2015, l’Institut préparatoire aux grandes écoles d’ingénieurs (IPGEI) de Mauritanie, de France, du Maroc et de la Tunisie lui a été rattaché. Sa troisième promotion en sortira en juillet.

L’IPGEI, voisine dans l’organigramme avec l’institut supérieur des métiers de la mine et celui du bâtiment, des travaux publics et de l’urbanisme, tous trois amènent leurs élèves au niveau bac plus 5, notamment via les départements de génie hydraulique, des télécoms et du pétrole. Certaines formations sont décentralisées à Aleg et Zoueirat.

«Personne n’est perdu, se réjouit le Colonel Mahmoud, car de nombreuse passerelles existent entre nos cursus. Les élèves qui n’ont pas réussi au concours intègrent la faculté des sciences en troisième année. Les élèves intégrant l’ESP sont les meilleurs  bacheliers C de toute la Mauritanie, en général, formés dans les lycées « d’excellence », où l’on entre sur concours. » A leur arrivée, ils reçoivent une formation militaire de trois semaines où on leur enseigne le respect, les grades mais aussi à vivre en communauté, explique le Directeur, car leurs parents sont souvent illettrés et pauvres. Nous les éduquons. Il n’y a pas de grèves ici. »

Montée en Puissance

Ils sont hébergés, nourris, habillés,  soignés et reçoivent une bourse de 1800 ouguiyas (42,70 euros) en classe préparatoire et de 2500 ouguiyas (plus un ordinateur portable) quand ils préparent une spécialité. « Les filles ont un peu contesté quand nous leur avons imposé le treillis, mais elles ont fini par s’y habituer » explique Mohamed Ould Mohamed Mahmoud.

Alain Faujas

JA du 24 juin

Titre afriactuel

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