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Le G5 Sahel s’engage sur financement propre

Alors que les Etats du G5 Sahel attendent d’encaisser plus de 400 millions d’euros promis, le groupe annonce qu’il va passer à l’offensive. Ce sera d’abord avec des fonds propres et l’appui d’autres bailleurs africains

Les ministres de la Défense des cinq pays membres du G5 Sahel sont réunis à Ouagadougou pour valider la mise en place de la force militaire conjointe. Dimanche (13 mai), le ministre nigérien de la Défense, Kalla Moutari, a annoncé que le contingent de cinq mille hommes destiné à lutter contre les djihadistes était prêt à entrer en action. Le G5 sahel serait donc bientôt opérationnel, pourtant les financements promis manquent encore.

Le Niger toujours confiant

Plus de 400 millions d’euros, c’est le montant dont a besoin le G5 Sahel pour être opérationnel. Plusieurs donateurs ont pris l’engagement de financer cette force militaire pour lutter contre les groupes djihadistes actifs dans la région du Sahel.

Mais pour l’instant, rien n’a encore été débloqué par les partenaires tels que l’Union européenne qui a pourtant doublé sa contribution de 50 a 100 millions d’euros en février dernier. Lors de la même conférence des donateurs, l’Arabie Saoudite a fait une promesse de 100 millions de dollars et les Etats-Unis ont annoncé un appui de 60 millions de dollars.

Pour le ministre nigérien de la Défense Kalla Moutari, il n’y a pourtant aucune inquiétude : les fonds seront débloqués à temps pour permettre au G5 Sahel  d’entrer en action.  » Nous ne doutons pas de leur bonne volonté pour libérer dans les plus brefs délais les promesses qu’ils ont faites », affirme le ministre, plutôt confiant.

« Nous n’avons aucune inquiétude et c’est pourquoi nous sommes prêts à lancer les opérations parce que nous ne doutons pas de l’arriver à temps des fonds et du matériel promis. Pour le moment, les forces que nous avons déployées vont commencer les opérations sur les fonds des Etats membres du G5 Sahel et d’autres appuis venant des pays africains tel que le Rwanda et l’Union économique et monétaire ouest-africaine », renchérit Kalla Moutari.

Insuffisance de solidarité africaine ?

L’analyste tchadien Félix Mbete déplore le manque d’engagement de certains pays africains dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Pour lui, la  montée en puissance pour atteindre au moins 5.000 hommes d’ici juin 2018 est également un problème à régler. MAis l’expert va plus loin en indiquant que ce sont les seuls pays du G5 Sahel « qui ont promis chacun dix millions d’euros. Et dix millions à mobiliser ce sont des gouttes d’eau comparativement aux autres centaines de millions. Malheureusement, il est difficile aujourd’hui de demander aux Africains qui ont des problèmes à gérer, de lutter efficacement contre le terrorisme. Donc le soutien des partenaires demeure indispensable pour mettre fin à cette menace.

Et même s’ils arrivent à avoir le financement de la première année qui tarde déjà à venir, il y a des craintes pour la mobilisation des cinq mille hommes que prévoit la force. Et il n’est pas évident aussi qu’ils aient le financement des années à venir « , explique l’expert tchadien Félix Mbete.

La force G5 Sahel a déjà un quartier général à Sévaré au Mali et a déjà mené en coordination avec la force française Barkhane, des opérations dans la zone des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

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