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Bouamatou : Espagnol pour un million d’euros

 

La signature du  Roi d’Espagne de l’acte de naturalisation de l’homme d’affaires mauritanien, Mohamed Ould Bouamatou, en juin 2011, revient à la Une d’une certaine presse. Comme s’il s’agit d’un scoop ou d’une prouesse légendaire : obtenir la naturalisation espagnole. On aimerait bien trouver quelque gloire dans l’affaire, mais la notification n’évoque comme argument motivant cette naturalisation que ‘’ des circonstances exceptionnelles’’.

Il faut remonter à 2011 pour comprendre ‘’les circonstances exceptionnelles’’ sur lesquelles s’est  basé  l’ex-ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, pour plaider auprès du Chef du gouvernement de l’époque, José Luis Zapatero et du Roi d’Espagne, la naturalisation de l’homme d’affaires mauritanien.

Le timing de l’introduction de la demande de naturalisation de Mohamed Ould Bouamatou, auprès de ‘’son ami’’ Miguel Angel Moratinos,   permet de relativiser, sinon réduire à néant le motif ‘’ de circonstances exceptionnelles’’, que ce dernier présenta au Roi pour obtenir gain de cause. Gain de cause, qu’on pourrait lire, cette fois-ci, la cause de gain, quand on sait qu’aucune circonstance exceptionnelle ne saurait militer pour  cette naturalisation.

Puisque tout simplement, l’homme d’affaires en question n’avait entrepris aucune faveur exceptionnelle pour se voir octroyer, de la plus haute autorité espagnole, une telle naturalisation. Mais, le ministre espagnol des affaires étrangères, copain de Bouamatou, avait sa cause, à lui, qui n’engageait que lui et qui n’impliquait aucunement, ni le peuple espagnol, ni son Roi et encore moins ses lois.    Naturalisation que M. Moratinos   enveloppa de ‘’circonstances exceptionnelles’’ et que la réalité enveloppait et l’enveloppe, toujours, dans une simple enveloppe qui saurait contenir le montant d’un million d’euros, que M. Moratinos avait reçu de son ami mauritanien, en contrepartie de la fabrication d’un mensonge grotesque et éhonté, lui permettant d’obtenir gain, pour sa cause pécuniaire, auprès du roi. Un roi, pour lequel, Bouamatou aurait intercédé auprès des autorités mauritaniennes afin de libérer Oumar Essahraoui, pour que les terroristes du désert du nord du Mali libèrent les trois humanitaires espagnols (de l’ONG espagnole Barcelona Acció Solidaria), enlevés, sur le territoire mauritanien, un an plutôt.

Si les circonstances exceptionnelles ne reposent que sur ce mensonge, l’autre versant de l’affaire ne laisse entrevoir qu’une histoire de corruption indigne de celui que l’Espagne avait choisi pour diriger sa diplomatie  dans cette époque. C’est une naturalisation mal acquise par le président de l’Ong ‘’Egalité des chances en Afrique’’ M. Bouamatou contre une enveloppe d’un million d’euros à Miguel Moratinos. Voilà exactement ce qui s’était passé.

Saleck ould Hamadi

 

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